Le choc inflationniste va se dissiper rapidement

Synthèse

Bonne nouvelle : le risque d’un choc inflationniste lié à la guerre en Iran semble de plus en plus  faible. L’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz a conduit à une baisse forte et rapide du  prix du pétrole, plus forte et plus rapide que ce qui était anticipé. En conséquence, l’inflation  ne devrait pas dépasser 2 % en moyenne annuelle en France cette année si le détroit d’Ormuz  demeure ouvert.

1. Une inflation qui serait inférieure à 2 % en 2026

Le cours du pétrole brent s’est très largement replié depuis l’annonce de la réouverture  du détroit d’Ormuz. Après des pics à plus de 110 dollars, il est tombé à un peu plus de 70 dollars,  soit environ 5 dollars de plus que son niveau du début d’année. Le prix du gaz et de l’aluminium  sont également en net repli depuis l’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz.

Ainsi, en posant comme hypothèse que le pétrole se maintienne aux alentours de 75  dollars sur le reste de l’année (la reprise complète de l’exploitation pétrolière peut s’étendre sur  plusieurs mois), il en résulterait une hausse de l’inflation d’environ 0,3 point en France en  2026¹. Ce scénario implique que le détroit d’Ormuz soit définitivement rouvert à partir de la fin  juin, ce qui semble correspondre aux dernières déclarations des Américains et des Iraniens.

Avant le début de la guerre en Iran, le FMI prévoyait 1,5 % d’inflation pour la France  en 2026². Le taux d’inflation annuelle serait donc porté aux alentours de 1,8 % en moyenne  annuelle du fait du blocage du détroit d’Ormuz entre mars et juin. Il s’agirait ainsi d’un choc  inflationniste d’une ampleur limitée dans le temps et dans la durée. L’Insee prévoyait, à la mi juin, une inflation moyenne de 2 % cette année³ avec un prix moyen du pétrole qui se  stabiliserait à 85 dollars. La forte baisse du prix du pétrole ces derniers jours (intervenue après  la publication des prévisions de l’Insee) indique que l’inflation devrait demeurer inférieure 2 % cette année.

¹ https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/limpact-du-prix-du-petrole-sur-linflation-en-france-et-en-zone-euro

² Prévision WEO-FMI octobre 2025

³ https://www.insee.fr/fr/statistiques/9007918?sommaire=9007948

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2. Le prix des carburants suit avec un décalage les variations des prix du brut

Le prix des carburants à la pompe suit les variations du pétrole brut avec un décalage  d’environ deux semaines (les dynamiques du gazole et du SP95 divergent parfois en raison notamment des capacités spécifiques de raffinage). Cela s’est constaté lors du déclenchement  de la guerre en Iran à la fin février 2026, tout comme depuis le mois de mai au cours duquel le  prix du brent a commencé à baisser.

Les prix à la pompe vont poursuivre leur baisse dans les semaines à venir. Il est encore  trop tôt pour constater ou non la présence d’un effet « fusée-plume », selon lequel les prix des  carburants sont plus réactifs à une hausse du brut qu’à une baisse, mais les dernières évolutions  indiquent bien un repli des prix à la pompe dans le sillage de la baisse des cours du brent.

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Les chocs pétroliers des années 1970 et le choc gazier qui avait suivi le déclenchement  de la guerre en Ukraine ont montré les conséquences puissantes que peuvent avoir les aléas  géopolitiques sur l’approvisionnement en énergie et sur les prix.

Lors de l’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz il a été craint, au vu de  l’importance de cette artère pour le commerce de pétrole, que le prix du brut pourrait s’envoler  entre 150 et 200 dollars. Certaines estimations hautes redoutaient même un prix du brent qui se  serait envolé au-delà de 300 dollars⁴.

Ces craintes se sont révélées excessives, pour des raisons qui sont encore difficiles à  expliquer précisément. Le déploiement rapide de sources d’énergie alternatives, le  contournement du blocage du détroit (via des pipelines ou des pétroliers « fantômes ») ou  encore une hausse de la production des autres pays producteurs font partie des explications  possibles.

De la même façon, il était craint que le prix du pétrole ne baisse que lentement suite à  l’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz, notamment du fait de la destruction de certaines  infrastructures pétrolières. Or, seulement quelques jours après l’annonce de la réouverture du  détroit d’Ormuz, le brent est pratiquement revenu à son niveau d’avant crise. Les craintes d’une  résurgence puissante de l’inflation se sont, heureusement, révélées excessives.

https://paulkrugman.substack.com/p/the-harm-from-hormuz

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