Flambée du budget

Note rédigée suite à la publication Insee du 31 mars 2026

Synthèse

Les conséquences de la guerre en Iran se font déjà sentir : l’inflation en mars a atteint 1,7 %, tirée par les prix de l’énergie. Du fait de la crise pétrolière, l’inflation en France devrait dépasser les 3 % en 2026, dans un scénario où le prix du Brent se maintenait aux alentours de 110 dollars le baril. Il s’agirait alors d’un choc d’ampleur nettement inférieur aux crises énergétiques de 2022 et des années 1970. La situation militaire au Moyen-Orient, hautement incertaine, pourrait cependant faire dérailler ce scénario.

Les effets de la guerre au Moyen-Orient se font déjà sentir

On s’y attendait : l’inflation a augmenté dès le mois de mars, à 1,7 % en glissement annuel, après 0,9 % en février (l’inflation était d’environ 1 % depuis un an). Cette évolution est logiquement due au rebond des prix de l’énergie, qui progressent de 7,3 % en mars, après s’être repliés de -2,9 % en février.

L’inflation est globalement stable sur les autres postes de dépense (alimentation, tabac et services) et baisse même sur les produits manufacturés (-0,6 % en mars après -0,2 % en février). En effet, le choc inflationniste n’a pas encore eu le temps de se diffuser sur l’ensemble de la chaîne de valeur.

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La menace d’un « mini choc pétrolier »

Le scénario qui se dessine à la fin du mois de mars est celui d’un « mini choc pétrolier » (la situation peut évidemment dégénérer à tout moment selon l’évolution de la guerre au Moyen-Orient). À ce stade, le choc inflationniste devrait être nettement moindre que celui de 2022, et surtout que celui des années 1970. En effet, ajusté de l’inflation, le prix du baril est nettement inférieur à ses niveaux de 2022, 2008 ou de la fin des années 1970. De plus, l’économie française est moins dépendante du pétrole qu’elle ne l’était par le passé (il faut environ deux fois moins de pétrole pour générer un même montant de PIB aujourd’hui par rapport aux années 1970).

Si l’on pose comme hypothèse que le prix du pétrole (Brent) s’établissait en moyenne à 110 dollars en 2026, l’inflation en France augmenterait de 1,6 point en moyenne sur l’année, ce qui ferait passer l’inflation en France en 2026 de « seulement » 1,5% à 3,1% d’après les estimations de Bersingéco. Cette prévision, basée uniquement sur le prix du pétrole, constitue un plancher car elle ne tient pas compte de l’impact de la hausse du prix du gaz (dont l’ampleur est considérablement moins importante qu’en 2022) ou des engrais. Cependant, selon ce scénario, le choc inflationniste en 2026 serait nettement moins brutal que ceux de 2022 et surtout que ceux des années 1970.

¹ https://www.banque-france.fr

² Prévision WEO-FMI octobre 2025

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Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco en partenariat avec Les Entreprêteurs